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La murne brune

Par Valy

Pour mon premier essai, j’ai décidé de mieux connaitre la murène car les plongeurs débutants confondent très souvent la murène et le congre.

Je ne parlerai que de la murène commune que nous rencontrons en Méditerranée, la murène brune, et pour faire plaisir à Denis, plus scientifiquement, « Muraena helena » qui fait partie de la famille des murénidés. Elle ressemble à une sorte d’anguille et fait partie de l’ordre des anguilliformes. Comme c’est un poisson elle fait donc partie de la classe des poissons ! Et j’en ai fini là avec les mots scientifiques !

La  murène vit dans les anfractuosités des roches, dans les épaves. On la trouve entre 5m et 80m. Elle vit souvent isolée et elle est plutôt territoriale. Elle sort peu le jour et préfère chasser la nuit. Mais contrairement au congre, on peut parfois la voir nager de jour en pleine eau.

On pourra alors constater que la murène de Méditerranée est un poisson brun foncé à violacé avec des motifs couleurs or. Elle ressemble à un serpent avec son corps de forme serpentiforme. Son corps est ovalisé, très large et comprimé latéralement.

Elle n’a ni nageoire pectorale*, ni nageoire pelvienne*, seulement une légère excroissance qui ressemble à une fine nageoire dorsale. Cette absence de paires de nageoire l’empêche de maintenir sa stabilité latérale. C’est pour cela que si vous la rencontrez en train de nager, vous pourrez constater qu’elle est plutôt en position inclinée par rapport au fond.

Si vous la rencontrez terrée dans son trou, vous pourrez bien observer sa tête massive mais dont la section est rétrécie par rapport au reste de son corps.

La bouche de la murène est caractéristique à son espèce. En effet, sa bouche est fendue jusqu’à l’arrière de son œil ce qui lui permet de pouvoir ouvrir la bouche à plus de 90 degrés.

Dès qu’elle ouvre la bouche, on peut voir distinctement ses nombreuses dents ainsi que ses crocs recourbés vers l’intérieur. Contrairement à ce que pensent certains, la murène n’a pas de glande à venin. Mais ses mâchoires seraient recouvertes d’un mucus toxique qui serait responsable de l’infection rapide des plaies.

La murène n’est pas dangereuse et elle n’attaque que pour se défendre si elle se sent menacée. Attention tout de même si vous en pêchez une un jour pour la déguster, une murène peut vous mordre assez longtemps après sa sortie de l’eau ! Mais elle sait également laisser entrer les crevettes ou les labres nettoyeurs dans sa bouche pour profiter d’un nettoyage buccal sans les croquer !

Si vous continuer à bien l’observer, vous verrez ses deux petits yeux sombres qui ne lui permettent pas de bien voir. Vous pourrez également distinguer ses deux narines en forme de tube qui dépassent de son museau. Pour palier à sa mauvaise vue, elle a en revanche un odorat bien aiguisé qui fait d’elle un redoutable chasseur nocturne. Ses narines tubulaires se prolongent sous la peau et se terminent par des cils vibratiles à leurs extrémités. Ces cils assurent la circulation de l’eau sur des terminaisons olfactives, ce qui lui procure son odorat sensible.

 Ce redoutable chasseur se nourrit de crevettes, de crabes, de seiches, de pieuvres, de poissons. Mais la murène mange aussi les poissons morts, les cadavres qu’elle peut trouver, et toutes sortes de déchets. Elle a un rôle nécrophage* non négligeable pour l’équilibre du milieu sous-marin.

Et si vous plongez en Méditerranée, vous pourrez constater que la murène brune est très présente. Elle se reproduit en fait facilement.

Au sein de la race des murènes brunes, il existe des mâles et des femelles. Au moment de la reproduction, entre juin et septembre, les femelles pondent une grande quantité d’œufs. Ces œufs relativement gros, d’environ 5mm de diamètre, sont ensuite fécondés après la ponte. A l’éclosion de ces œufs, on découvre des larves mesurant quelques centimètres. Ces larves sont aplaties, transparentes, de forme ovale et allongée. On les nomme les leptocéphales*. Les larves vont dériver au gré des courants et mettront deux ans pour devenir des murènes adultes. 

Sachez que malgré son caractère dit à tort agressif on peut caresser la murène. Vous sentirez alors que sa peau est lisse car ses écailles sont si minuscules qu’on ne les sent pas. Mais attention, si vous voulez les toucher, mieux vos choisir les plus gros spécimens car ils sont souvent plus dociles. La murène brune peut mesurer jusqu’à 1m50 et peser entre 500 grammes et 2kg. Elle peut vivre plus de 10 ans.

Il existe en fait plus de 200 espèces de murènes, et beaucoup se trouvent en mers tropicales et particulièrement dans les zones riches en récifs coralliens. Les plus petites mesurent 15cm et se trouvent dans les petits trous des roches. Elles sont souvent assez hargneuses et n’hésitent pas à vous mordre les mollets si vous vous posez devant leur trou. Ça c’est du vécu ! Les plus grandes peuvent atteindre jusqu’à 3m comme la murène javanaise. Mais là j’attends de la rencontrer pour pouvoir un jour vous en parler !

Les astérisques * à la fin de certains mots vous renvoient au Lexique de la bio pour plus d'explications.

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